Prévenir le burn-out : et si tout commençait par le nerf vague ?

Prévenir le burn-out : et si tout commençait par le nerf vague ?

Introduction

Un salarié français sur deux présente aujourd’hui des signes de détresse psychologique. C’est le niveau le plus élevé mesuré depuis 2020 par le baromètre Empreinte Humaine, publié en juin 2026 avec Ipsos BVA.

Par ailleurs, le même baromètre indique que 32 % des salariés sont en risque de burn-out, dont 11 % en risque sévère. Plus inquiétant encore, ce risque sévère a doublé par rapport à l’avant-Covid.

Derrière ces chiffres, il y a des visages. J’ai moi-même passé plus de vingt ans dans l’hôtellerie haut de gamme, jusqu’à la direction commerciale d’un groupe de 14 hôtels. J’aimais mon métier, mais je vivais dans un stress permanent, celui de toujours vouloir bien faire.

C’est finalement en cherchant mes propres solutions que j’ai découvert un acteur méconnu de notre équilibre : le nerf vague. Et si prévenir le burn-out commençait par comprendre notre système nerveux ?

Le burn-out, bien plus qu’une grosse fatigue

Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, est reconnu par l’Organisation mondiale de la santé comme un phénomène lié au travail. Il résulte d’un stress chronique qui n’a pas pu être géré avec succès.

Il s’installe rarement du jour au lendemain. Au contraire, il progresse par étapes, souvent sans que la personne s’en rende compte. Voici les signaux d’alerte les plus fréquents :

  • Physiquement : fatigue qui ne passe plus avec le repos, troubles du sommeil, tensions musculaires, maux de dos ou de ventre, maladies à répétition.
  • Sur le plan émotionnel : irritabilité, hypersensibilité, anxiété, sentiment de vide ou d’impuissance.
  • Dans la tête : difficultés de concentration, oublis, ruminations, perte de sens.
  • Côté comportement : repli sur soi, cynisme envers son travail, surinvestissement puis décrochage.

Ces signaux ne sont pas un manque de volonté. En réalité, ils traduisent un système nerveux resté trop longtemps en alerte. Par conséquent, si vous vous reconnaissez dans plusieurs d’entre eux, parlez-en à votre médecin ou au service de santé au travail.

Le nerf vague, chef d’orchestre de notre équilibre

Le nerf vague est le plus long nerf crânien du corps. Concrètement, il part du tronc cérébral et rejoint le cœur, les poumons et le système digestif. C’est aussi le principal acteur du système nerveux parasympathique, celui qui nous permet de récupérer, de digérer et de nous apaiser.

Notre système nerveux autonome fonctionne comme un balancier :

  • Le système sympathique nous mobilise face à un défi : le cœur accélère, la respiration se raccourcit, les muscles se tendent. C’est l’accélérateur.
  • Le système parasympathique, porté par le nerf vague, ramène le calme une fois le défi passé. C’est le frein.

La théorie polyvagale, proposée par le Dr Stephen W. Porges, apporte un éclairage précieux. Elle décrit trois grands états de notre système nerveux :

  1. La sécurité et le lien : nous sommes calmes, disponibles, capables d’écouter, de coopérer et de créer.
  2. La mobilisation : face à une menace, nous passons en mode « combat ou fuite », avec stress, irritabilité et urgence.
  3. L’immobilisation : quand la menace dure trop, le corps se met en économie. C’est l’épuisement, le repli, le découragement.

Ce schéma parle donc à tous ceux qui travaillent sous pression. En effet, il ne décrit pas des défauts de caractère, mais des réactions automatiques du corps.

Pourquoi le stress chronique finit par épuiser

Le stress en soi n’est pas l’ennemi. Au départ, il nous aide à relever un défi, à tenir un service chargé, à boucler un projet. En revanche, le problème survient quand l’accélérateur reste enfoncé en permanence et que le frein ne fonctionne plus.

Objectifs serrés, sollicitations continues, notifications, clientèle exigeante, horaires décalés : le corps reçoit alors en continu des signaux d’alerte. Résultat : il reste en mode mobilisation, jour après jour, sans vraie récupération.

À force, les réserves s’épuisent. Le système nerveux bascule alors vers l’immobilisation : fatigue écrasante, perte de motivation, sentiment de ne plus y arriver. C’est souvent à ce stade que le burn-out se déclare.

Heureusement, ce mécanisme n’est pas une fatalité. Le système nerveux est capable d’apprendre à revenir vers l’état de sécurité. De plus, cela s’entraîne.

5 gestes simples pour apaiser son système nerveux au travail

Bien sûr, ces gestes ne remplacent pas un accompagnement médical. Toutefois, ils aident le corps à retrouver le chemin du calme, quelques minutes par jour.

  1. Allonger l’expiration. Inspirez par le nez sur 4 temps, expirez lentement par la bouche sur 6 à 8 temps. Répétez 5 fois. Ainsi, une expiration plus longue que l’inspiration sollicite le frein parasympathique.
  2. Fredonner ou chanter. Le nerf vague est relié aux muscles de la gorge. Fredonner quelques instants, entre deux réunions ou sur le trajet, aide à relâcher la pression.
  3. Détendre le visage et les yeux. Desserrez la mâchoire, relâchez le front, laissez le regard se poser au loin. Car nos micro-tensions du visage entretiennent l’état d’alerte.
  4. Faire de vraies pauses. Quelques minutes sans écran, debout, à marcher ou à regarder par la fenêtre, valent mieux qu’une pause passée sur son téléphone.
  5. Cultiver le lien. Un échange bienveillant, un sourire, un remerciement envoient au système nerveux un signal de sécurité. C’est d’ailleurs l’un des messages forts de la théorie polyvagale.

Pour aller plus loin, des approches comme la technique VaguExpans®, que je pratique et enseigne, permettent un relâchement profond des tensions par une stimulation douce du nerf vague.

Prévenir le burn-out : l’entreprise a un rôle clé

La prévention ne repose pas uniquement sur les épaules de chacun. L’employeur a l’obligation de protéger la santé physique et mentale de ses salariés, notamment en évaluant les risques psychosociaux.

La santé mentale a d’ailleurs été désignée Grande cause nationale en 2025. Pourtant, la détresse des salariés continue de progresser. Il est donc temps de passer des intentions aux actions concrètes.

Dans l’hôtellerie, la restauration et les spas, que je connais de l’intérieur, les facteurs de risque se cumulent : horaires décalés, rush des services, charge émotionnelle de la relation client, exigence d’excellence, difficultés de recrutement. Prendre soin des équipes, c’est aussi préserver la qualité du service et fidéliser les talents.

Quelques leviers concrets pour les entreprises :

  • Sensibiliser managers et collaborateurs aux mécanismes du stress, pour repérer les signaux tôt.
  • Former les managers à réguler leur propre stress, car un manager apaisé apaise son équipe.
  • Donner des outils pratiques, utilisables au quotidien, même en plein service.
  • Reconnaître le travail accompli : remerciements et retours réguliers renforcent le sentiment de sécurité.

En conclusion : prendre soin du système nerveux, c’est prévenir

Le burn-out n’arrive pas par hasard. Il est l’aboutissement d’un stress chronique qui a dépassé nos capacités de récupération. Dès lors, comprendre le rôle du nerf vague et de notre système nerveux, c’est reprendre la main sur cet équilibre.

Car le vrai luxe, c’est avant tout la santé et la qualité du lien. Pour soi, pour ses équipes et pour ses clients.

Vous souhaitez sensibiliser vos équipes ? Je propose des conférences, des ateliers et des sessions VaguExpans® pour comprendre, pratiquer et ressentir. Découvrez mes conférences et ateliers QVCT ou contactez-moi pour un échange sans engagement.

Questions fréquentes

Quels sont les premiers signes d’un burn-out ? Une fatigue qui ne passe plus avec le repos, des troubles du sommeil, de l’irritabilité et des difficultés de concentration sont souvent les premiers signaux. Ils doivent alerter quand ils durent plusieurs semaines.

Quel est le lien entre le nerf vague et le stress ? Le nerf vague porte le système parasympathique, qui ramène le calme après un stress. Quand le stress devient chronique, ce mécanisme de récupération fonctionne moins bien.

Peut-on stimuler son nerf vague soi-même ? Oui, par des gestes simples : respiration avec une expiration longue, fredonnement, relâchement du visage, pauses réelles. Des techniques manuelles comme VaguExpans® permettent d’aller plus loin.

Comment une entreprise peut-elle prévenir le burn-out ? En sensibilisant ses équipes, en formant ses managers à la gestion du stress, en proposant des outils concrets et en reconnaissant le travail accompli. Conférences et ateliers QVCT sont une première étape accessible.

Contact

Odile David
8 rue Armand de Pontmartin
84000 Avignon
France
M. +33(0)6 87 23 97 27
E. contact@hotrecom.com

Curieux(se) d’aller plus loin ?
Echangeons, sans engagement, pour cerner vos enjeux et voir comment je peux vous accompagner.

    * obligatoire